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Marchés financiers : l’heure du bilan

Alors que la fin de l’année approche, il est temps de dresser le bilan de l’année : force est de constater que l’investissement sur les marchés financiers ne fut pas porteur en 2018, puisque la plupart des classes d’actifs finissent l’année dans le rouge, à l’image des indices européens, qui perdent plus de 10% sur l’année au 17 décembre.

Même les actions américaines, qui ont résisté sur la première partie de l’année, finissent l’année en performance négative en dollar.

Les tensions commerciales et les troubles géopolitiques ont créé un climat propice à l’aversion au risque, alors que l’économie mondiale a atteint son plateau de croissance et que le resserrement monétaire américain affecte la stabilité des marchés.

Les investisseurs demandent maintenant à être plus grassement compensés pour les risques pris, ce qui s’est traduit par la baisse des marchés que nous avons connue. Aussi, les valorisations sont-elles aujourd’hui légèrement en deçà de leur moyenne historique. Ce n’est pas forcément l’indicateur d’un point d’entrée sur les marchés, car l’environnement devrait rester volatil, et à juste titre étant donné les nombreuses incertitudes qui pèsent sur les marchés.

Mais pour un investisseur de long terme, ces phases d’incertitudes permettent des achats à bon compte qui construisent la performance future. L’hypothèse d’un rebond prochain des marchés n’est pas non plus à exclure, si tant est que certains sujets d’actualité brûlants trouvent une issue favorable.

En Europe, les indicateurs avancés de l’activité économique sont en forte baisse en décembre. La France y contribue, notamment du fait de l’impact de l’action des « gilets jaunes », qui a dégradé la confiance des chefs d’entreprise mais aussi affecté l’activité du secteur de la distribution et du commerce. Les économistes estiment que le coût total devrait se situer entre 0,1% et 0,2% du PIB français au 4e trimestre. En revanche, ce mouvement social n’a pas déstabilisé les marchés, le taux 10 ans français ne montrant pas de signe de tension manifeste.

En réponse aux revendications sociales, Monsieur Macron a annoncé une série de mesures favorisant le pouvoir d’achat, faisant ainsi passer le déficit français au-delà des 3% du PIB, soit la limite fixée par l’Union Européenne (« UE »). Cette dernière devrait savoir se montrer indulgente pour soutenir le président français, pro-européen.

Néanmoins, cette situation fait le jeu du gouvernement de coalition italien en désaccord avec Bruxelles sur sa proposition de budget trop expansionniste. Depuis peu, les officiels italiens se sont assouplis, et font état de mesures prises pour réduire le déficit autour de 2% du PIB. Il est probable qu’un accord sera finalement trouvé avec la Commission Européenne, qui permette de préserver la crédibilité des parties prenantes aux négociations.

Au Royaume-Uni, la « saga » du Brexit a connu de nombreux rebondissements : le projet d’accord, validé par les négociateurs et le gouvernement de Theresa May (Premier Ministre britannique) n’a pas pu être voté au parlement le 11 décembre, le vote ayant été annulé la veille par le gouvernement de crainte d’une défaite cuisante.

Theresa May a aussi survécu à un vote de défiance orchestré par son propre parti, avec une majorité relativement large. Cependant, peu de députés du parti conservateur semblent trouver le projet d’accord satisfaisant, qu’ils aient été partisans d’un maintien dans l’UE ou favorables à un Brexit dur ; L’accord pourrait en effet maintenir le Royaume-Uni dans les règles du marché unique indéfiniment, sans en être un membre votant, ce qui est bien loin de l’ambition initiale des « Brexiters ». L’issue du Brexit est donc de plus en plus incertaine ; le vote du parlement est maintenant prévu pour mi-janvier, mais d’ici là, tout peut encore arriver : prolongation des négociations et date de sortie repoussée, nouveau referendum, vote favorable du parlement même si les chances semblent minces… ou sortie désordonnée et sans accord, qui serait très négative pour les marchés et l’économie européenne, et à laquelle personne ne veut vraiment croire. La prudence continue de s’imposer sur les actifs britanniques.

Le contraste entre l’Europe et les Etats-Unis est frappant : les enquêtes d’activité continuent de souligner une économie américaine très dynamique, avec un PIB qui progresse de 3,5% au troisième trimestre.
Pourtant, les propos du président de la réserve fédérale (la « Fed », banque centrale américaine) se sont voulus plus accommodants ces derniers temps, en suggérant que les hausses de taux directeurs ne seront pas automatiques en 2019, mais dépendants de l’économie. A-t-il été sensible aux tourments des marchés ? Nul doute que les investisseurs ont apprécié ces annonces en faisant rebondir les marchés momentanément.

Les tensions commerciales connaissent une pause : en marge du G20, les présidents chinois et américain se sont accordés sur une trêve de 90 jours pour permettre les négociations. La Chine semble faire des concessions en reprenant les importations de produits agricoles américains, ce qu’un tweet de Donald Trump n’a pas manqué de saluer. De manière plus importante, la Chine serait prête à baisser les taxes sur l’importation de véhicules américains, voire à remettre en cause son plan « Made in China 2025 » destiné à promouvoir l’émergence des sociétés chinoises dans des secteurs stratégiques.
La Chine avait probablement besoin de montrer des signes d’assouplissement, car la guerre commerciale peut lui être très dommageable à un moment où son économie ralentit de manière plus marquée.

Notre sentiment sur les marchés financiers

Il n’est pas aisé d’avoir des convictions fortes pour 2019. Il reste trop de questions sans réponses, qui auront sans nul doute un impact sur les marchés, et ce dès le début de l’année.
La chute des prix du pétrole témoigne en partie des inquiétudes sur la croissance, même si elle reflète aussi des phénomènes spécifiques liés à l’offre et aux intérêts parfois divergents des pays producteurs. Cette baisse des prix est en fait bienvenue, car elle sera plutôt un soutien à la croissance des pays développés.

Dans la foulée du FMI, l’OCDE vient d’abaisser ses perspectives de croissance mondiale, qui se maintiendraient malgré tout sur un niveau de 3,5% pour 2019.
Cela devrait contribuer à maintenir les marges des entreprises, tandis qu’une posture plus accommodante de la Fed, suggérée pas ses dernières déclarations, pourrait aussi soutenir les marchés.
Entre autres éléments déterminants, il faudra surveiller l’évolution du différent commercial entre la Chine et les Etats-Unis, ainsi que l’évolution de la croissance chinoise. Toute mauvaise nouvelle sur ces deux fronts serait durement sanctionnée par les marchés.

Pour terminer sur une note plus positive, la correction des derniers mois ramènent les valorisations des actifs risqués légèrement en deçà de leur moyenne historique. De plus, la dispersion des parcours boursiers est importante en 2018, avec par exemple certaines valeurs industrielles dont les baisses peuvent atteindre 30% ou plus. Aussi, des opportunités d’investissement semblent déjà manifestes, qui pourront être saisies par tout bon gérant actif, s’attachant à investir dans des sociétés qui peuvent encore faire croître leur marge et leur résultat dans cet environnement.
Mais le régime de volatilité élevée devrait perdurer face aux nombreuses incertitudes, et milite pour une construction de portefeuille robuste incluant une diversification des stratégies, ainsi qu’une bonne conscience de ses objectifs et de sa tolérance au risque.

FOCUS SUR LA GESTION IFP

L’IFP est une stratégie financière à moyen – long terme conçue par Olifan GROUP pour optimiser le rendement tout en maîtrisant le risque de vos investissements financiers. L’offre IFP est mise en place via une option de gestion que nous avons confié à deux sociétés de gestion sélectionnée par Olifan Group : La Financière de l’Arc et La Française AM.

La Financière de l’Arc
Le portefeuille reste positionné pour bénéficier d’une réduction de la dispersion qui s’est créée entre les valeurs de croissance défensive et les valeurs plus cycliques, dont on a pu voir les prémices depuis le mois de septembre. Le portefeuille n’a pas été modifié depuis l’arbitrage de septembre, le gérant estimant qu’il est préférable de tenir les positions sur la base du potentiel de rebond du portefeuille.

La Française AM
Un arbitrage au début du mois de novembre a eu pour but de réduire l’exposition aux petites et moyennes valeurs ainsi qu’à la dette d’entreprise, deux classes d’actifs qui sont sensibles à la moindre liquidité des marchés. L’arbitrage fut pertinent, ces valeurs ayant continué leur correction depuis l’arbitrage. Le gérant reste constructif pour les mois qui viennent mais se retient d’augmenter le niveau de risque du fait du niveau de volatilité actuel.

Achevé de rédiger le 18 décembre 2018

Les informations présentées ci-dessus ne constituent ni un élément contractuel, ni un conseil en investissement.
Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures.

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