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Entre espoir et craintes

Depuis le milieu de mois, les indices boursiers sont finalement sortis par le haut du canal dans lequel ils avaient évolué pendant un mois.

Les actions européennes sont en baisse d’environ 12% depuis le début de l’année, après avoir repris les 2/3 de la chute liée au Covid-19. Les actions internationales ne baissent « que » de 5% environ, ayant repris 80% de leur chute. La crise économique et financière entraînée par le coronavirus reste sans précédent dans les annales. La baisse s’est faite sur 50 jours par opposition à 450 jours, le temps moyen nécessaire aux déséquilibres pour se manifester dans l’économie et les marchés lors d’autres crises. Les six premiers mois de l’année furent donc très inhabituels. C’est vrai également de l’action coordonnée des banques centrales et des gouvernements, d’une ampleur et d’une rapidité sans précédent. L’heure est maintenant aux plans de relance de grande ampleur, successivement annoncés par les chefs de gouvernement. En contrepoint, le virus n’est pas complètement éradiqué et provoque des journées de baisse suscitées par la crainte d’une deuxième vague.

Quel positionnement adopter pour son portefeuille dans cet environnement tiraillé entre la crainte et l’espoir ?

L’Europe semble bel et bien sorti de la crise sanitaire

Le nombre de nouveaux cas journaliers est compris entre 0,1% et 0,3% selon les pays et continue sur cette tendance baissière. Même si les statistiques sur le nombre de cas journaliers suggèrent une augmentation, la situation aux Etats-Unis s’améliore. En effet, le nombre de décès liés au Covid-19 et en diminution et cela grâce aux capacités de tests bien plus grandes aujourd’hui.

Un « cluster » de contamination est apparu récemment en Chine, à Pékin, une région jusqu’alors peu touchée, qui semble maintenant être contenue par l’action rapide et forte des autorités.

Reste la situation épineuse des pays émergents, où l’épidémie fait toujours rage, et provoque la hausse des cas de contamination à l’échelle mondiale.

Les signes restent néanmoins globalement favorables dans le sens où confinement et distanciation sociale ont fait la preuve de leur efficacité, même si un risque de deuxième vague ne peut être complètement écarté. Si cette éventualité venait à se matérialiser, les investisseurs s’accordent pour penser qu’il n’y aura plus de retour à un confinement dur. Des mesures ciblées pour endiguer le virus seraient plutôt engagées, ce qui serait préférable pour l’économie.

Sur ce front, les données économiques se révèlent meilleures qu’anticipées

Les consommateurs européens, américains et chinois ont surpris par leur propension à consommer post-déconfinement. Notamment sur les biens durables comme les automobiles dont les ventes sont meilleures en mai 2020 qu’elles ne l’étaient un an avant en Chine.

L’indice des directeurs d’achat, indicateur avancé de l’activité économique, vient de repasser en zone d’expansion en France, et en est proche dans le reste de l’Europe.

Les surprises favorables se font de plus en plus nombreuses et sont un facteur de soutien aux marchés, qui anticipent une reprise plus forte aujourd’hui qu’il y a un mois. Néanmoins, l’incertitude demeure sur la vigueur de cette reprise. Il faudra probablement attendre le mois de septembre pour avoir une vision plus précise du niveau de dépenses des ménages et entreprises, ce qui va conditionner le rebond économique.

Les gouvernements et les banques centrales ont continué de soutenir les marchés

La Banque Centrale Européenne a annoncé une extension de son programme d’achat d’actifs lié à l’épidémie, aussi bien par son montant (+600 Milliard €) que par sa durée (+6 mois).

L’administration américaine travaille sur un nouveau plan de relance de 2 000 milliards $, dont 1 000 milliards seraient dédiés à des infrastructures vieillissantes.

En Europe, la Commission Européenne a décidé de porter le projet de relance européenne proposé par Mme. Merkel et M. Macron, en augmentant sa taille à 750 milliards € répartis sur 4 ans de 2021 à 2024.

Une particularité fondamentale tient au fonctionnement de ce plan de soutien. Les sommes débloquées bénéficieraient aux pays européens qui en ont le plus besoin (Italie, Espagne par exemple), tandis que son financement serait porté par l’ensemble de la communauté. Cette mutualisation de la dette représenterait une première dans l’histoire de la construction européenne, même si les pays « frugaux » (Pays Bas, Danemark, Autriche & Suède) y restent encore opposés. Le soutien de l’Allemagne pèse néanmoins fortement dans la balance et donne à ce projet de bonnes chances de voir le jour. Cela constituerait indéniablement une bonne nouvelle pour les marchés actions européens, qui pourraient de nouveau attirer les investisseurs étrangers.

Le risque lié aux prochaines élections américaines

Au-delà du risque d’un retour de l’épidémie, scénario qui ne peut être totalement exclu même si les données sont favorables, le risque lié aux élections américaines du mois de novembre est un des risques majeurs.

M. Trump est clairement en difficulté dans les sondages (moins de la moitié des intentions de vote à 43%), handicapé par sa gestion de la crise sanitaire et les récentes émeutes raciales.

Les démocrates, menés par Joe Biden, pourraient prendre la présidence des Etats-Unis, voir celle du Sénat. M. Biden reste un démocrate modéré, mais se trouvent dans ses rangs des personnalités plus à gauche. Celles-ci pourraient réhausser la taxation des entreprises et ménages, ayant un impact sur la consommation et les marges des entreprises. Il est trop tôt pour les investisseurs pour se positionner face à ce risque, d’autant que la cote de popularité de M. Trump pourrait remonter avec la vigueur du rebond économique. Ce risque reste néanmoins à surveiller.

Notre sentiment sur les marchés financiers

Un calme relatif est revenu sur les marchés après les points bas du mois de mars.

A court terme, les investisseurs contemplent maintenant le scénario d’une récession qui pourrait être la plus courte de l’histoire, tant le soutien des gouvernements et banques centrales a été fort et rapide. Ainsi, l’espoir d’une reprise en « V » de l’économie recommence à faire surface. Pour autant, les fragilités du système financier n’ont fait qu’être amplifiées par la crise du Covid-19. En effet, l’endettement encore plus important des états et des entreprises sera certainement un frein sur la croissance future. Cela impose donc une plus grande prudence et sélectivité dans les choix d’investissement.

Le niveau de dettes milite aussi pour le maintien de taux d’intérêt bas pour longtemps, comme en témoigne la détermination des banques centrales à étendre leur programme d’assouplissement quantitatif. Les perspectives sur l’investissement dans des obligations de qualité, telles que l’on peut en trouver dans les supports en euros des compagnies d’assurance, offrent alors des perspectives de rendement qui s’étiolent. Nous pensons que les marchés financiers continuent d’offrir des perspectives de rendement à moyen terme bien plus favorables.

Des secteurs comme la santé ou la technologie se sont montrés résilients pendant la baisse des marchés, et s’inscrivent dans des tendances de long terme qui ont été exacerbées par la crise. L’e-commerce ou la digitalisation sont des tendances qui devraient rester porteuses et constituer le théâtre d’innovations dans les années à venir. Une conscience sociale plus forte post-crise devrait favoriser le comportement responsable des entreprises et orienter les flux vers les plus vertueuses dans ce domaine.

Par ailleurs, le rebond économique qui se met en place révèle aussi des opportunités sur des entreprises plus cycliques, qui ont souffert de la crise, mais conservent des perspectives.

Nous avons adapté la sélection des gérants dans nos portefeuilles de référence pour capturer ces opportunités et ces tendances de fonds.

Votre conseiller Olifan Group reste à votre disposition pour vous conseiller sur votre portefeuille selon vos besoins et objectifs.

Synthèse des facteurs clefs

Facteurs de risque :

  • Deuxième vague de l’épidémie de Coronavirus
  • Impact économique du confinement encore incertain
  • Elections américaines
  • Tensions sino-américaines

Facteurs de soutien :

  • Actions massives des Banques centrales
  • Ampleur des relance budgétaires orchestrées par les gouvernements
  • Rendements attendus favorables à l’investissement en actions

Nicolas Boutry

Achevé de rédiger le 23 juin 2020

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