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Les marchés anticipent l’après-crise

Le rebond des marchés depuis les points bas de mi-mars a été puissant, et ce jusqu’à mi-avril, laissant ensuite la place à des marchés volatils évoluant en dents de scie.

La réponse des gouvernements et banques centrales a été forte et rapide, avec des mesures de soutien sans précédent aux entreprises et aux ménages pendant cette phase de ralentissement économique programmé.

Sur le plan sanitaire, l’épidémie connait une franche décrue un peu partout dans le monde, même s’il reste quelques foyers comme le Brésil ou la Russie qui ont décidé de confiner tardivement.

Se pose maintenant la question pour les investisseurs de l’après-crise, et l’adaptation de leur portefeuille d’investissements aux nouvelles réalités économiques.

Les courbes détaillant la progression de l’épidémie se ressemblent un peu partout dans le monde et montrent une franche décrue

Ainsi le nombre de nouveau cas déclarés de Covid-19 est maintenant passé sous la barre des 1% globalement. Autre bonne nouvelle : les pays ayant initié le déconfinement les premiers ne semblent pas souffrir d’une deuxième vague d’épidémie, ce qui était redouté par les investisseurs. Le coût humain de l’épidémie est sans précédent, avec plus de 300 000 décès liés au virus dans le monde.

Sur la question de l’impact économique de l’épidémie, il est encore trop tôt pour dresser le bilan

Les chiffres d’activité de mars et d’avril atteignent des points bas historiques, ce qui n’est pas une surprise avec la mise à l’arrêt de l’économie. Les derniers chiffres publiés en mai s’améliorent mais donnent encore peu d’indication sur le niveau d’activité post déconfinement. Des données non conventionnelles sur l’activité, telles que les indicateurs de géolocalisation produits par Google, suggèrent une reprise marquée de l’activité post-déconfinement.

Une récession en 2020 est néanmoins inévitable, et les investisseurs se projettent déjà sur 2021, en anticipant un rebond marqué de l’économie au quatrième trimestre.

La saison de résultats du premier trimestre s’achève et les entreprises affichent un recul des bénéfices d’environ 13% aux Etats-Unis, et 25% en Europe. Le deuxième trimestre sera pire selon le consensus des analystes, la portion soumise au confinement étant plus importante. Le secteur aérien, l’énergie et le tourisme font partis des perdants, avec les secteurs cycliques plus globalement. La consommation de base s’en sort mieux, mais les grands gagnants se trouvent dans les secteurs de la technologie et de la santé, qui affichent des hausses de leurs résultats proche de 5%.

Au-delà des résultats qui sont globalement en forte baisse, nous avons noté que certaines entreprises font preuve d’optimisme : en particulier les sociétés présentant des bilans solides voient cette crise comme une opportunité pour prendre des parts de marché, voire racheter leurs concurrents. Indéniablement, la crise risque donc de rebattre les cartes et justifie selon nous l’importance de la sélection de valeurs dans un portefeuille d’investissement.

La réponse des gouvernements et des banques centrales à la pandémie a été extraordinaire par sa rapidité et son ampleur. Il est ainsi estimé que les gouvernements ont dépensé environ 5% du PIB dans des mesures de relance pour permettre à l’économie de passer le pic de l’épidémie. Les banques centrales, en plus des baisses de taux (plus d’une centaine dans le monde depuis le début de l’année) ont injecté des liquidités dans le système financier correspondant à 15% du PIB.

Ce soutien sans faille a ramené la confiance et permis aux investisseurs de se projeter dans l’après-crise.

Suite à cette réponse à l’urgence initiale, nous entrons maintenant dans la deuxième phase de la relance, celle où les gouvernements travaillent à des plans de relance de moyen terme.

Dans ce cadre l’Allemagne et la France ont conjointement proposé un plan de relance de 500 milliards pour la Zone Euro. Son principe de fonctionnement est très important puisque les fonds iront aux pays les plus fragilisés par la crise, tandis que le financement est assuré par l’ensemble de la communauté.  Ce pas vers la mutualisation ne fait pas l’unanimité, notamment dans les pays dits « frugaux », Pays-Bas en tête, qui préparent une proposition alternative. Mais le poids de l’Allemagne dans cette initiative est indéniable, et permet de penser que ce projet verra le jour, mais pas avant en 2021, temps nécessaire pour qu’il soit voté par les 27 membres de l’Union Européenne.

En parallèle, les pays européens travaillent sur des plans de relance nationaux, à l’image de l’Allemagne qui a dévoilé un plan pour venir en aide à Lufthansa.

En marge des nouvelles sur l’épidémie et ses implications économiques, les tensions sino-américaines sont revenues sur le devant de la scène. Le président américain Donald Trump, critiqué dans sa gestion de la crise, a choisi de divertir l’attention des électeurs sur la Chine, en l’attaquant sur plusieurs fronts : d’abord vis-à-vis de sa gestion de la crise sanitaire, mais aussi sur le respect de ses engagements liés à l’accord commercial de phase 1. Un durcissement véritable des mesures économiques reste peu probable, au risque d’avoir des conséquences sur l’économie et les marchés à six mois des élections américaines. Ces tensions seront néanmoins source de volatilité pour les mois à venir.

Notre sentiment sur les marchés financiers

Même si les risques restent nombreux, les mesures fortes mises en place par les gouvernements et les banques centrales sont un soutien aux actifs financiers, et ont redonné confiance aux investisseurs de long terme pour être positionnés sur les actions. A court terme la visibilité reste assez faible et la hausse des marchés sera conditionnée à la vigueur de la reprise économique post-confinement, qu’il faudra surveiller.

Les incertitudes sur un grand nombre de variables, comme le niveau du chômage, le pourcentage des faillites et défauts d’entreprises, ou l’attitude des consommateurs post-crise, restent des inconnues qui nous font privilégier dans nos portefeuilles des entreprises bénéficiant d’une forte visibilité dans leur business model et d’une solidité bilancielle.

Cela n’exclue pas la possibilité chez certains gérants de notre sélection de pouvoir se positionner sur des valeurs délaissées, où le marché exprime peut-être une inquiétude excessive et qui bénéficieront fortement d’un rebond économique.

Votre conseiller Olifan Group reste à votre disposition pour vous conseiller sur votre portefeuille selon vos besoins et objectifs.

Synthèse des facteurs clefs

Facteurs de risque :

  • Deuxième vague de l’épidémie de Coronavirus
  • Impact économique du confinement encore incertain
  • Nécessité de cohésion des gouvernements européens pour assurer la reprise
  • Tensions sino-américaines

Facteurs de soutien :

  • Actions massives des Banques centrales
  • Ampleur des relances budgétaires orchestrées par les gouvernements
  • Rendements attendus des actions très attractifs sur une base historique

Nicolas Boutry

Achevé de rédiger le 25 mai 2020

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