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Marchés financiers : perspectives 2019

Les marchés financiers ont terminé l’année 2018 sur une note très négative.
Sur le quatrième trimestre, le CAC 40 a ainsi perdu presque 14%, tandis que le S&P500 (marché américain) a perdu près de 13% en euro. Le mouvement a été trop lent pour être qualifié de krach. Mais une baisse de cette ampleur marque les esprits.
Le ralentissement de la croissance, normal à ce stade du cycle, a été accentué par les tensions géopolitiques : en premier lieu les menaces de guerre commerciale, mais aussi les craintes habituelles liée à la construction européenne : Brexit, désaccord sur le budget italien, « Gilets Jaunes » en France…
Pourtant, depuis le début de l’année 2019, les marchés rebondissent : CAC 40 + 2,90%, S&P500 +7,05% en euro au 21 janvier. Que faut-il penser de ce rebond ?
Que les investisseurs ont probablement péché par excès de pessimisme en fin d’année. Les valeurs qui avaient le plus souffert sont celles qui rebondissent le plus fortement, comme les valeurs cycliques, dont les valorisations, pour certaines, suggéraient une récession en 2019.
Pourtant, le FMI et l’OCDE s’accordent sur une croissance de 3,5% en 2019, un environnement favorable pour envisager des perspectives positives de bénéfices des entreprises.
Il est toujours compliqué d’identifier le meilleur moment pour s’exposer au marché, mais sur un horizon de moyen terme, nous sommes confiants dans le potentiel de revalorisation des actions, à condition d’accepter la volatilité des marchés.

Dans le détail, on note quelques nouvelles positives en provenance d’Europe : un accord a finalement pu été trouvé entre la Commission Européenne et le gouvernement italien, qui prévoit un déficit en 2019 de l’ordre de 2% du PIB, en ligne avec les exigences de Bruxelles.
L’Europe bénéficie toujours de la confiance des investisseurs, comme en témoignent les dernières émissions d’emprunts d’Etats français, italien, et espagnol qui furent sursouscrites.

Au Royaume-Uni, le projet d’accord sur le Brexit, validé par les négociateurs européens et le gouvernement de Theresa May (Premier Ministre britannique) a été rejeté par le parlement le 15 janvier avec 432 votes contre 202, soit une défaite historique pour un gouvernement en place. Il est vrai que l’accord n’était ni satisfaisant pour les partisans d’un Brexit dur, ni pour ceux qui souhaitaient rester dans l’Union Européenne.
L’issue en est donc plus que jamais incertaine : tous les scénarios sont encore possibles, allant d’une sortie sans accord à l’organisation d’un nouveau referendum et à l’absence de Brexit, avec entre les deux la perspective d’un délai dans l’application de l’article 50, afin de repousser la sortie de plusieurs mois pour laisser les Britanniques se mettre d’accord sur la suite.
Les marchés ont plutôt réagi positivement à cette nouvelle, à en juger par l’évolution récente de la livre anglaise, la probabilité d’un Brexit « soft » augmentant avec le rejet du parlement. Le souhait d’une absence de frontière en Irlande du Nord passerait de toute façon a priori par le maintien dans l’union douanière, ce qui pourrait expliquer le calme relatif des marchés sur le sujet.

Aux Etats-Unis, la dynamique économique demeure soutenue, le moral des ménages et entreprises reste au beau fixe et le chômage au plus bas.
Certes, l’effet des mesures budgétaires orchestrées par Donald Trump en 2018 devrait commencer à se dissiper au fil de l’année, mais le pays pourra a priori toujours compter sur la résilience de sa demande domestique.

En Chine, les chiffres de croissance du 4e trimestre sont tombés : à +6,4%, ils s’affichent à un plus bas de 30 ans, et confirment le ralentissement économique.
Néanmoins, les investisseurs furent réconfortés par la mise en place de mesures de relance budgétaires et fiscale, tandis que l’espoir renait sur le front des négociations commerciales avec les Etats-Unis : le 30 et 31 janvier prochain verront la visite du Vice-Premier ministre chinois aux Etats-Unis pour continuer d’avancer sur ce thème.

Notre sentiment sur les marchés financiers

Malgré le ralentissement économique et la longue liste de problèmes géopolitiques qui nous laissent dans l’incertitude, les actions mondiales ont recommencé à collecter en ce début d’année, car les risques semblent en grande partie intégrés dans les cours.
En Europe, le dividende moyen des actions se situe autour de 3,5%, un niveau sans commune mesure avec les rendements des emprunts d’Etats de qualité, inférieurs à 1%, ce qui rend la classe d’actifs attractive. La période d’annonce de résultats d’entreprises, qui a débuté il y a quelques jours, confirme que les CEO restent confiants dans l’avenir.
Il reste encore de nombreuses opportunités, notamment sur les marchés européen, japonais et émergents, qui traitent à des valorisations attractives et peuvent être exploitées par les sélectionneurs de valeurs.
Avec une macro-économie correctement orientée, les risques majeurs en 2019 peuvent provenir de la politique et des banques centrales : un accord commercial sino-américain est très souhaitable pour la bonne tenue des marchés. Le scénario d’un rythme plus lent de normalisation monétaire aux Etats-Unis est maintenant intégré par les acteurs de marché : toute posture plus agressive du président de la Réserve Fédérale américaine serait aussi très déstabilisante pour les marchés. Et reste bien sur le Brexit, à l’issue toujours incertaine.
Nous avons néanmoins tendance à penser que pour l’investisseur de long terme, qui peut supporter une certaine volatilité, c’est peut-être le moment de commencer à réinvestir prudemment.

Achevé de rédiger le 23 janvier 2019 par Nicolas Boutry, Partner et Responsable Expertise Investissement Financier Olifan Group

Les informations présentées ci-dessus ne constituent ni un élément contractuel, ni un conseil en investissement.
Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures.

 

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