Réforme des retraites : faudra-t-il revoir sa stratégie ?

Avec la réélection d’Emmanuel Macron, la réforme des retraites devient hautement probable et pourrait être actée dès 2023. Quels seront ses impacts ? Peut-elle remettre en cause les stratégies retraite des épargnants qui préparent leur cessation d’activité avec dix ou quinze ans d’anticipation ? Regards fait le point. Certes, Emmanuel Macron doit encore disposer d’une majorité à l’Assemblée pour gouverner. Et il devra affronter le moment venu des adversaires politiques très déterminés. Mais depuis le 24 avril, la réforme des retraites semble de plus en plus probable, à tel point qu’un calendrier officieux circule déjà. Débats et consultations seraient lancés cet automne, pour une mise en application dès 2023.

Dégager des recettes pour revaloriser les pensions

« Le système de retraite universel prévu dans la réforme avortée du premier quinquennat est enterré, explique Alain Ulmer, Expert Prévoyance et  Retraite Olifan Group. Un régime autonome comme celui des avocats sera certainement maintenu en l’état. Le régime autonome tel que celui des Avocats sera certainement maintenu en l’état, les régimes des professions libérales tel que celui des Pharmaciens garderont leurs spécificités. En revanche, l’État augmentera l’âge de départ et peut-être, le nombre de trimestres pour dégager de nouvelles recettes. » Celles-ci ne serviront pas à combler les pertes des régimes de retraite, atténuées par le recul du chômage (plus de 10% en 2015, 7,4% fin 2021) ; le Conseil d’orientation des retraites (COR) table sur un retour à l’équilibre financier vers 2030. « L’objectif est d’augmenter les pensions, qui progressent moins vite que l’inflation depuis vingt ans. Or, cette inflation s’accélère : la situation peut devenir intenable pour les petites retraites. »

Dirigeants, entrepreneurs, professions libérales : un impact limité

Emmanuel Macron a fixé la barre très haute : 1 100 euros de pension minimum pour une carrière complète contre 900 euros environ aujourd’hui, soit une hausse de plus de 20% ! Si en parallèle le point retraite se revalorise désormais à un rythme proche de l’inflation, les dépenses des régimes obligatoires et complémentaires s’envoleront. D’où l’impérieuse nécessité d’une réforme. Celle-ci impactera tous les Français, à travers l’augmentation de l’âge de départ. Mais elle bénéficiera surtout à ceux qui touchent des revenus modestes. « Pour les dirigeants, professions libérales et cadres supérieurs, 200 euros de retraite de base en plus ou en moins ne changent pas la donne, annonce Alain Ulmer. C’est l’effort d’épargne et de capitalisation consenti pendant leur vie active qui apporte l’essentiel de leur future pension ».

La sortie en rente plombée par l’inflation

Les outils les plus adaptés à cette stratégie sont connus : Plan d’épargne retraite (PER) avec sa fiscalité attractive, immobilier locatif, Pierre papier, portefeuille boursier… En revanche, les contrats de capitalisation de type Madelin, PERP ou article 83 ont perdu leur intérêt : « Leur rente n’est pas indexée sur l’inflation, mais calculée au prorata du capital constitué. Sa valeur réelle diminue chaque année, d’autant plus vite que l’inflation est élevée. Aussi Olifan Group recommande des arbitrages en faveur des placements qui permettent une sortie en capital. »

Cumul emploi-retraite : la vraie bonne nouvelle

Faut-il en conclure que la réforme ne changera rien pour les hauts revenus ? Pas tout à fait. Car elle prévoit aussi un cumul emploi-retraite bien plus avantageux : au lieu de cotiser à perte, comme c’est le cas aujourd’hui, le retraité qui maintient une activité engrangerait des droits supplémentaires.
« Ce retour à une règle plus équitable renforce beaucoup l’attractivité du cumul emploi-retraite, souligne Alain Ulmer. À ce jour, la seule façon d’éviter de cotiser à perte est de se verser des dividendes. Mais il faut en déduire 25% d’impôt sur les sociétés et 30% de flat tax. En fin de compte, l’écart avec une rémunération soumise aux cotisations retraite est minime. »
Si la réforme voit le jour, le retraité actif pourra donc opter sans états d’âme pour la rémunération, acquérir de nouveaux points et majorer le montant de sa pension à son arrêt définitif d’activité. La réversion promise à son conjoint augmentera également. « Beaucoup de nos clients font du cumul emploi-retraite pour continuer à exercer un métier qui les passionne, conclut Alain Ulmer. Ils auront désormais une raison supplémentaire de choisir cette formule. »

Rédigé par Alain Ulmer – Expert Prévoyance & Retraite

 

Publié le 27 avril 2022 par Olifan Group

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