Le démembrement de propriété consiste à scinder des droits de propriété d’un actif entre l’usufruit (usage et fruits) et la nue-propriété (reliquat des droits, dont la disposition et au terme de l’usufruit la pleine propriété).
Dans une stratégie patrimoniale, il est fréquemment utilisé pour anticiper une transmission. Le donateur peut conserver l’usage ou les revenus du bien, tandis que le donataire reçoit la nue-propriété. Au décès de l’usufruitier, et sous réserve d’un usufruit successif, le nu-propriétaire devient plein propriétaire.
Le point de vigilance porte sur cette reconstitution de la pleine propriété.
Aujourd’hui, le démembrement peut constituer un outil efficace d’anticipation successorale. Une future réforme pourrait chercher à réduire l’avantage fiscal associé à certains schémas, par exemple en élargissant l’assiette des transmissions ou en réexaminant le traitement fiscal de la reconstitution de pleine propriété, aujourd’hui exonéré en vertu de l’article 1133 du CGI.
Cela ne signifie pas que le démembrement serait remis en cause en tant qu’outil juridique. Il reste un mécanisme civil utile pour organiser une transmission, protéger un conjoint, conserver l’usage d’un bien ou préparer une gouvernance familiale.
On conseillera de mettre en œuvre dès aujourd’hui cette stratégie qui pourrait ne pas être remise en cause pour les actes réalisés avant l’entrée en vigueur de la loi, ou pour le moins avec des conditions plus favorables.