Pour les hauts patrimoines, la question du moment opportun se pose généralement plus tôt que pour des patrimoines plus modestes. Le montant des droits de succession potentiels rend l’anticipation d’autant plus déterminante, car l’absence de préparation peut entraîner une charge fiscale conséquente pour les héritiers.
La diversité des actifs constitue un enjeu spécifique à ces situations. Un patrimoine composé à la fois d’une entreprise, de biens immobiliers et d’un portefeuille de valeurs mobilières ne se transmet pas selon un calendrier unique : chaque catégorie d’actif répond à des règles et à des temporalités propres.
Prenons l’exemple d’un dirigeant de 52 ans disposant d’une entreprise familiale, d’un immeuble locatif et d’un portefeuille d’investissement. La transmission de l’entreprise pourra suivre un calendrier lié à la préparation de sa succession professionnelle, avec un pacte adapté à cette transmission spécifique. L’immeuble locatif pourra faire l’objet d’un démembrement de propriété dès cette période, pour réduire progressivement la valeur taxable du bien. Le portefeuille de valeurs mobilières, plus liquide, pourra quant à lui être transmis par fractions successives, au gré des abattements renouvelables.
Cette approche par catégorie d’actifs permet d’étaler la transmission sur une période plus longue, tout en exploitant au mieux les dispositifs propres à chaque type de bien. Pour ces patrimoines, recourir à des structures comme les sociétés civiles peut également faciliter une transmission progressive, en permettant de transmettre des parts sociales plutôt que la pleine propriété des actifs sous-jacents.