Un homme de 34 ans, marié sous le régime de la communauté légale, est renversé comme piéton. Lors de l’expertise amiable, le médecin mandaté par l’assureur retient deux heures d’aide humaine par jour ; son médecin conseil en défend quatre. Faute d’accord, son avocat obtient en référé la désignation d’un expert judiciaire, qui retient trois heures par jour après des opérations contradictoires.
Sur cette base, et avec un coût horaire de 22 euros retenu à titre d’hypothèse, le besoin annuel atteint 3 × 365 × 22 = 24 090 euros. Multiplié par un coefficient de capitalisation hypothétique de 32, il représente 770 880 euros. Avec les autres postes, évalués à 329 120 euros, l’avocat conclut une transaction de 1 100 000 euros. L’heure quotidienne gagnée sur l’évaluation de l’assureur représente à elle seule 1 × 365 × 22 × 32 = 256 960 euros.
Avant la signature, le gestionnaire de patrimoine relève que l’incapacité de la victime est partielle : une rente ne relèverait pas de l’exonération de l’article 81, 9° bis, et serait imposée selon le régime des rentes à titre onéreux. Le couple opte pour un capital. Les fonds sont versés sur un compte dédié au nom de la victime, couvert sans limite par la garantie des dépôts pendant les trois mois qui suivent l’encaissement : 120 000 euros restent disponibles pour les premières années d’aide humaine et les travaux, 180 000 euros financent l’adaptation du logement avec une mention d’origine des fonds dans l’acte, et 800 000 euros sont placés sur deux contrats de capitalisation de 400 000 euros chacun, souscrits auprès de deux assureurs, soit le total de 1 100 000 euros.
Neuf ans plus tard, un rachat annuel de 24 090 euros, destiné à l’aide humaine, comprend 4 000 euros de gains. L’abattement de 9 200 euros applicable à un couple soumis à imposition commune les couvre entièrement à l’impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux restent dus, soit 4 000 × 17,2 % = 688 euros. Les contrats de capitalisation, qui resteront dans sa succession, y préservent la déduction de l’indemnité.
Cet exemple est présenté à titre illustratif, avec un coût horaire et un coefficient hypothétiques ; chaque situation appelle une analyse individualisée, menée avec l’avocat de la victime.