Donner la nue-propriété
La donation de la nue-propriété d’un bien, les parents conservant l’usufruit, transmet un patrimoine sans procurer de revenus à l’enfant tant que dure l’usufruit. Les loyers restent perçus par les parents. Elle n’a donc aucun effet sur l’AAH. Pour le RSA, le Conseil d’État a jugé que les biens détenus en nue-propriété ne procurent pas de revenu, réel ou fictif, à prendre en compte, tant que le nu-propriétaire n’en a pas la jouissance (réponse ministérielle, question écrite n° 25717, Assemblée nationale, 2020). Au décès des parents, l’enfant deviendra plein propriétaire sans droits supplémentaires ; les revenus apparaîtront alors, d’où l’intérêt d’avoir préparé leur articulation avec l’allocation.
Donner une somme placée sur un contrat de capitalisation ou d’assurance-vie
Une somme d’argent donnée à l’enfant puis placée sur un contrat de capitalisation ou d’assurance-vie souscrit à son nom ne produit de revenu imposable qu’en cas de rachat, et seulement pour la part des gains comprise dans ce rachat. Le capital peut ainsi constituer une réserve, mobilisée selon les besoins, sans réduire durablement l’allocation. Le contrat de capitalisation présente l’avantage de rester dans la succession de l’enfant, ce qui facilite l’organisation de sa propre transmission.
Éviter les biens à revenus imposables réguliers
À l’inverse, la donation en pleine propriété d’un appartement loué ou d’un portefeuille de valeurs distribuant des dividendes génère des revenus imposables réguliers, qui réduisent l’AAH. Dans une donation-partage entre plusieurs enfants, ces biens sont souvent mieux attribués aux frères et sœurs, l’enfant handicapé recevant des biens équivalents en valeur mais neutres pour ses allocations.