Un dirigeant veuf décède au printemps 2026. Il laisse trois enfants et un patrimoine de 3,6 millions d’euros : 100 % d’une société industrielle valorisée 3 millions d’euros, dont un bateau de loisir de 150 000 euros sans usage professionnel, et 600 000 euros d’autres biens. Sa fille, directrice commerciale de la société, souhaite la reprendre ; ses deux fils n’y travaillent pas. Aucun pacte n’a été signé.
Sans engagement Dutreil, chaque enfant reçoit 1,2 million d’euros, taxés après abattement de 100 000 euros sur 1,1 million : 292 678 euros de droits chacun, 878 034 euros pour la famille. Si les trois enfants signent un engagement post mortem, conservent chacun leur part et que la fille assume la direction, chaque part de titres de 1 million d’euros est retenue pour 25 % de sa fraction éligible de 950 000 euros, soit 237 500 euros, plus 50 000 euros de bateau taxés en totalité. Chaque enfant est imposé sur 387 500 euros après abattement, soit 75 694 euros de droits ; 227 083 euros au total, et une économie de 650 951 euros. Chaque enfant recevant plus de 10 % du capital, la part des droits afférente aux titres peut être différée puis fractionnée au taux de 0,6 %.
Pour reprendre seule, la fille peut se voir attribuer l’ensemble des titres lors du partage. Ses droits dans la succession s’élevant à 1,2 million d’euros, elle doit à ses frères une soulte de 1,8 million d’euros, soit 900 000 euros chacun, qui reçoivent aussi 300 000 euros de biens. Le droit de partage atteint 90 000 euros. Dans ce schéma, le maintien de l’exonération et du paiement différé pour ses frères, payés en soulte, n’est pas acquis : l’économie de 650 951 euros ne peut être retenue sans l’avis du notaire. Une vente immédiate à 3 millions d’euros n’aurait généré aucune plus-value, mais aurait privé la famille de l’exonération : à valeurs constantes, la famille conserve 3 372 917 euros nets de droits si les trois enfants gardent leurs titres huit ans, contre 2 721 966 euros en vendant aussitôt.
Cet exemple est présenté à titre illustratif, à valeurs et législation constantes, hors frais de notaire et d’acte ; chaque situation appelle une analyse individualisée.