Un couple marié sous la communauté légale, sans donation entre époux, a deux enfants communs. Au décès de Monsieur, la communauté comprend la résidence principale (500 000 euros) et 240 000 euros d’épargne bancaire et de titres. Monsieur avait aussi souscrit, avant 70 ans, une assurance-vie de 200 000 euros au bénéfice de son épouse, âgée de 74 ans.
La liquidation de la communauté laisse à Madame sa moitié en propre : 250 000 euros de droits sur la maison et 120 000 euros d’épargne. La succession porte sur l’autre moitié, soit 370 000 euros ; l’assurance-vie lui revient hors succession, sans fiscalité.
Si elle opte pour l’usufruit de la totalité, son usufruit vaut 30 % de la pleine propriété à 74 ans (article 669 du Code général des impôts), soit 111 000 euros. Chaque enfant reçoit une nue-propriété de 129 500 euros, taxée après abattement sur 29 500 euros, soit 4 094 euros de droits, 8 189 euros pour les deux. Madame garde la jouissance de toute la maison et dispose librement des liquidités du défunt, en quasi-usufruit : à son décès, ses enfants pourront déduire de sa succession une créance de restitution égale aux sommes reçues. Les titres, eux, restent en usufruit classique, sauf convention de quasi-usufruit, et l’usufruit s’éteindra sans droits.
Si elle opte pour le quart en pleine propriété, elle reçoit 92 500 euros, et chaque enfant 138 750 euros, taxés sur 38 750 euros, soit 5 944 euros chacun, 11 889 euros au total. Madame devient indivisaire de la maison avec ses enfants, et sa part sera taxée à nouveau à son décès. L’usufruit répond mieux à son besoin de revenus ; les 200 000 euros d’assurance-vie financent les années de transition.
Exemple illustratif, à valeurs et législation constantes ; chaque situation appelle une analyse individualisée.